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Pourquoi Ghediri dérange-t-il à ce point: Des attaques téléguidées ?

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Certains médias ont mis en relief en guise de charge contre le candidat à la présidentielle le général-major à la retraite Ali Ghediri l’absence de propositions fortes ou de solutions idoines aux multiples problèmes socio-économiques que vit le pays lors de sa très attendue première sortie médiatique dimanche dernier au forum de Liberté.

D’autres ont commencé déjà à sortir leurs «griffes» pour le taillader, le déstabiliser voire même tenter de le disqualifier alors que la compétition n’a pas encore commencé ? Pourquoi ce candidat dérange-t-il et fait peur à ces parties avant même que ce dernier n’ait tiré la moindre balle ?

Selon eux Ghediri est insolent, irrévérencieux, et selon un des nouveaux partisans de la dernière heure du régime. Ghediri a donc le mérite d’avoir un programme. Cela veut dire que lui et son entourage ont réfléchi, rencontré les citoyens, tiré les conséquences des politiques présentes et passées et proposent des alternatives.

Il intrigue et intéresse le citoyen lambda car son approche est méthodique, sobre et fraîche. Il ne propose rien d’extraordinaire ou de neuf, car comme disait un leader africain, «rien n’est à inventer, tout se trouve dans les tiroirs de l’Etat, il suffit juste de dépoussiérer et de mettre en œuvre en adaptant au contexte du moment».

Ghediri a fait un pied de nez à tous ceux qui pensent qu’il n’y a que la politique politicienne, nauséabonde et pernicieuse qui peut marcher, à coup d’achat de conscience, de corruption, de mensonges et de compromission. Il leur fait peur car il est crédible, dénonce, mais surtout, il propose des solutions. Il fait également peur au pouvoir et à leurs thuriféraires.

Les ingrédients d’une révolution démocratique sont en train d’être réunis, surtout que les élites intellectuelles sont de plus en plus nombreuses à prendre leurs responsabilités désormais, pour mettre fin aux errements dont chaque jour étale davantage l’incompétence, et l’incurie du régime.

Les raisons qui ont permis cet engouement autour de Ghediri sont multiples, entre-autres : Ce type a défié le régime et ses thuriféraires en très peu de temps. La posture de Ghediri avant, pendant et après mérite d’être saluée. Il a traversé des épreuves qui auraient pu le freiner et l’empêcher de poursuivre son action politique. A quelques fois malheur est bon. Ces épreuves lui ont donné une légitimité pour être un candidat sérieux.

Lors de sa conférence de presse il a publiquement déclaré qu’il était contre un 4eme mandat mais qu’il ne pouvait s’y opposer du fait de sa fonction d’alors.

Le 18 avril prochain, les électeurs algériens exaspérés par les affaires, la violence et la crise économique vont devoir choisir leur nouveau président entre deux visions politiques que tout oppose : entre une légitimité historique dont l’héritage controversé a montré toutes ses limites pour construire un Etat de droit et une nouvelle race de dirigeants qui se dit propre et annonciatrice d’un changement radical.

Une Algérie face à deux scénarios diamétralement opposés dans la conception du pouvoir et dans les espoirs qu’ils suscitent auprès de la population.

Il représente déjà et à son corps défendant la troisième voie qui pourrait le cas échéant provoquer le sursaut salutaire.

En effet et à plus d’un mois après la date limite de dépôt des candidatures, le constat est décevant.

Tous les outsiders de poids potentiels ont abandonné la course à la présidence : Mouloud Hamrouche, Louisa Hanoune, Said Sadi, Sid-Ahmed Ghozali, sont aux abonnés absents. Que reste-t-il alors ?

Ali Benflis ? Par deux fois (2004 et 2014) il a été battu à plate couture. Abderrezek Makri, le président du MSP dont c’est la première tentative sera balayée comme ses prédécesseurs.

L’Algérie en quête d’un avenir politique a-t-elle trouvée en la personne de ce général, au visage juvénile un sauveur voire un homme capable de retourner la roue en sens inverse de l’histoire et stopper cette fatalité qui frappe le pays depuis son indépendance ?

Deux grandes tendances peuvent faire élire cet ex militaire.

La première, c’est le rejet de la corruption. Il est vrai que l’Algérie a vécu peut-être l’un des épisodes les plus horribles de corruption généralisée et organisée jusqu’au sommet de l’Etat. Toutes les parties sont touchées par ce phénomène. Même la classe politique est désormais considérée par les électeurs comme corrompue. Il ne faut pas oublier que près de 40 % du Parlement est soit mal élu ou élu par l’argent. Donc face à cette corruption généralisée, beaucoup ont pu se laisser tenter par quelqu’un qu’on dit «Monsieur Propre» et qu’il compte mettre fin à tout cela.

Le deuxième point très important, c’est la violence. Dans toutes les grandes villes et dans les villes moyennes, c’est devenu le sujet central de préoccupation et les principales victimes sont bien sûr les gens les plus pauvres ou la petite classe moyenne. Donc il y a un rejet de cette violence qui est une violence sociale ouverte.

Dernier élément de cette drôle d’élection présidentielle: l’échec du mouvement de renouvellement. Depuis quelques années, les Algériens n’ont que ce mot à la bouche. Ce renouvellement devait permettre de balayer tous les impliqués dans des scandales de corruption.

L’ambiance «sortez les sortants», déclenchée par les révélations inouïes sur l’ampleur de la corruption, devrait faciliter l’émergence d’outsiders et d’une nouvelle classe politique valorisant l’éthique.

Ali Ghediri devra cependant répondre sur le plan économique, dont on ne sait pas grand-chose. On ne sait absolument rien pour l’instant de son programme sur ce plan là. Il devra être convaincant à plus d’un titre. Car c’est là aussi ou tous les Algériens l’attendent.

Enfin la position de la Grande muette sur cette présidentielle permet cet espoir du renouveau. L’Armée a déjà dit très clairement qu’elle n’avait aucune envie d’assumer la responsabilité du pays maintenant et qu’elle s’en tiendrait à la Constitution et rien qu’à la Constitution.