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Le ministre de l’Intérieur parle du prochain scrutin: Nous sommes prêts pour l’organisation de la présidentielle»

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Si avant-hier, le ministre de l’Intérieur, Nourreddine Bedoui a refusé de s’aventurer sur une date précise concernant la date exacte de la tenue de l’élection présidentielle se contentant de dire que seul le président Bouteflika est a même de fixer une date, ce jeudi à il a indiqué a Alger que son département est prêt à organiser cette élection tant sur le plan technique qu’organisationnel : «nous sommes prêts pour l’organisation de l’élection présidentielle tant sur le plan technique que humain». Le ministre a ensuite ajouté que « l’Algérie s’est dotée d’un matériel technologique pour lui permettre de confectionner et d’assainir les listes électorales des personnes décédés ou disparues».

Le ministre de l’Intérieur a-t-il pour autant reçu du président Bouteflika une directive relative à l’élection présidentielle afin de «veiller à prendre toutes les dispositions» que commande une organisation parfaite de cette échéance électorale, sous tous ses aspects, dans le souci d’en garantir le bon déroulement, dans le respect de la loi et des principes de neutralité, de régularité, de transparence et de crédibilité ?  Selon la constitutionnaliste Fatiha Benabou, la convocation du corps électoral par décret présidentiel «devrait intervenir ces jours-ci», selon ce qui est prévu dans la loi.

Selon elle l’article 136 de la loi organique 16/10 du 25 août 2016 relative au régime électoral, «le corps électoral est convoqué 90 jours avant la date du scrutin. Les élections présidentielles ont lieu dans les 30 jours qui précédent l’expiration du mandat du président de la République», est-il précisé dans l’article 135 de la même loi. L’expiration du mandat intervient, selon la juriste spécialisée en droit constitutionnel Fatiha Benabou, la nuit du dernier jour du mandat présidentiel de cinq ans, c’est-à-dire, pour le président Bouteflika, «le mardi 16 avril 2019 à minuit puisqu’il a été élu le jeudi 17 avril 2014». 

Elle a ensuite ajouté qu’aucun «report du vote n’est possible après la convocation du corps électoral. C’est impossible. Après 90 jours, les élections doivent avoir lieu. C’est impératif», a-t-elle précisé.

Enfin diverses sources évoquent les sorties sur le terrain de plusieurs membres du gouvernement pour lancer la pré-campage présidentielle a l’instar du ministre de l’Intérieur et ce lui de l’Habitat qui ont inauguré depuis mercredi dernier un cycle de rencontres avec les citoyens de différentes wilayas du pays.

Si  tout le monde ou presque est convaincu que le président Bouteflika ne briguera pas un 5eme mandat pour des raisons évidentes de santé, nul n’est pourtant sûr de ce pronostic. En revanche, si le président sortant annonce sa retraite politique, c’est le bal ouvert pour les prétendants issus du régime pour se faire adouber par les décideurs.

Ali Benflis, Mouloud Hamrouche, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et Abdelaziz Belkhadem font ainsi figure de virtuels candidats à une alternance qui ferait sauver la façade du régime et éviter les secousses d’une rupture violente et brutale.