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Café non conforme toujours commercialisé : Omerta et gros sous en jeu

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L’affaire des marques de café commercialisées en Algérie non conformes à la réglementation en matière de composants et d’étiquetage, continue d’alimenter l’actualité des consommateurs. Certains se demandent même pourquoi les quatre marques poursuivies en justice par le ministère du Commerce n’ont pas été divulguées jusqu’à présent. Les consommateurs doutent actuellement de toutes les marques et certains qui ont les moyens préfèrent acheter les marques étrangères plutôt que les produits locaux. D’autres qui n’ont pas le choix continuent de consommer algérien, malgré les craintes sur les composants et la manière dont le café a été torréfié. A qui la faute ?

Est-ce au ministère du Commerce qui n’a pas pu révéler les marques et les retirer du marché ? La faute incombe aussi aux médias qui ne jouent pas leur rôle dans ce sens. Certains préfèrent plutôt diffuser la publicité des différentes marques du café au détriment de la santé des consommateurs.

On dit que le café est de qualité et les publicités mensongères ne manquent également alors que le consommateur algérien, séduit par tant d’annonces des différentes marques de café, est menacé dans sa santé en consommant des produits de très mauvaise qualité, voire nocifs, n’apportant aucune valeur nutritionnelle, hormis les ennuis et les complications sanitaires.

Pourtant, tout est claire. En décembre 2018, le ministre du Commerce a assuré que des contrôles et des analyses ont été effectués des échantillons de toutes les marques de café commercialisées ont été analysés dans les laboratoires. Une chose est sûr le ministère a trouvé quatre producteurs sur les 77 qui n’ont pas respecté le taux de sucre et il a engagé contre eux des poursuites judiciaires.

A noter que les services de contrôle relevant du ministère du Commerce ont procédé, au cours de l’année 2018, au contrôle de la conformité du café par rapport aux dispositions du décret exécutif n°17-99 du 26 février 2017. Les opérations de contrôle ont ciblé aussi bien les producteurs que les distributeurs de gros et de détail. Sur les 10 premiers mois de la même année, 1665 interventions ont été opérées auprès de 94 producteurs et torréfacteurs et 1571 auprès des grossistes et détaillants. Selon le bilan du ministère du Commerce, 162 prélèvements ont été effectués, dont 16 échantillons sont non conformes, soit 9,87% du nombre total des prélèvements effectués.

Ainsi, les services de contrôle ont dressé 32 procès-verbaux et saisi 4,01 tonnes de café. Il faut noter aussi que c’est l’association de protection des consommateurs (APOCE) qui a enclenché l’enquête.

Selon l’Association  plus de 84% des marques de café commercialisées en Algérie ne sont pas conformes à la réglementation en matière d’étiquetage. C’est l’une des conclusions de l’enquête enclenchée par l’Association sur 12 échantillons des différents cafés vendus sur le marché national. Les analyses effectuées par trois  laboratoires locaux révèlent des irrégularités, notamment le manque de renseignements liés à ces produits sur l’emballage de presque la majorité des cafés. En plus clair, les matières ajoutées n’ont pas été portées sur l’étiquette comme l’exige la réglementation. La non-conformité concerne ainsi le taux élevé de sucre ou le non-respect de la mention des matières ajoutées et leur taux sur le conditionnement.

L’APOCE affirme de son côté que cinq marques parmi les 12 existantes sur le marché contiennent un taux de sucre “satisfaisant”, soit moins de 3%. Il s’agit selon l’association des marques, “Many”, “Ammar”, “Bonal”, “Africafé”, “Nizière” composent ce premier lot.

L’organisation s’est fixé un délai de trois mois pour refaire de nouvelles analyses sur ces cafés.