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Discours creux, réalité amère !

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Alors que le premier ministre Ahmed Ouyahia ne cesse de claironner sur l’exigence de la rationalisation des dépenses publiques et le ministre du commerce Saïd Djellab d’afficher son optimisme quant à la cessation
effective d’importation de produits agricoles à l’horizon 2022, la facture d’importation ne cesse d’augmenter et le pouvoir d’achat des citoyens de se réduire comme une peau de chagrin. N’aurait été le maintien ces derniers mois, du prix du baril de pétrole au-dessus des 50 dollars, l’Algérie qui a déjà les pieds dans le plat, aurait eu de sérieux problèmes jusqu’au cou.

Le fossé entre le discours tenu par les tenants du pouvoir et la réalité politique et socio-économique du pays ne cesse de s’élargir. Le flou qui plane sur l’avenir immédiat et lointain du pays est tellement épais, qu’une panique insidieuse s’est emparée de nombreux citoyens du pays (diplômés, fonctionnaires, chômeurs, pères de famille…) au point qu’ils quittent en masse le pays pour s’installer sous des cieux plus cléments. Et ceux qui ne peuvent pas émigré légalement le font de manière clandestine dans des rafiots de fortune au péril de leur vie.

Le flux ininterrompu d’informations anxiogènes dont on assomme quotidiennement les citoyens n’est pas pour favoriser la stabilité et la sécurité. Les cas de transfert illégal de capitaux vers l’étranger, de surfacturations, d’arriérés d’impôts impayés,  de travailleurs non déclarés, d’importations douteuses, de détournements, de dilapidations, d’atteinte aux droits humains… sont tels, que c’est devenu le pain quotidien de la presse nationale et des réseaux sociaux. Toutes ces infractions à la loi, récurrentes, permanentes, persistantes donnent peu de crédit aux discours et aux dispositifs mis en place par le gouvernement pour y remédier. La jeunesse, le maillon fort de la construction nationale, est totalement désemparée. Il y a de quoi ! Elle voit ses horizons totalement obstrués.

Si dans les années 70 et 80, à titre d’exemple, un jeune algérien qui fait ses études sait que son avenir est tout assuré et qu’à la fin de ses études, son poste de travail est garanti, maintenant nos étudiants ont la ferme conviction qu’ils étudient « pour rien », et qu’au bout de leurs études, c’est la galère qui les attend. Gavé jusqu’à la nausée par des discours creux, redondants, sans suites, sans concrétisation effective sur le terrain, le citoyen a perdu présentement toute confiance en ses gouvernants et n’a plus l’oreille attentive. Aux prises avec un dur quotidien conjugué avec la mal-vie, la pauvreté, le chômage, la hogra…vivotant pour beaucoup de petits expédients, les simples citoyens qui, dans les années de braise, ont pris sur leurs épaules toutes les difficultés de leur pays, se retrouvent désarmés, déplumés, fragilisés, perdant patience, confiance et espoir. Ce qui ne plaide nullement, faut-il le dire, pour la construction d’un état fort, pérenne qui survit aux hommes et aux bourrasques sociales.