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Prés de 4000 tentative de « harga » en 2018, selon LADDH

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Le phénomène de la « harga » a atteint une proportion très inquiétante, ces dernières années. Prés de 4000 harraga ont tenté la traversée en 2018, dont 287 femmes, 1126 mineurs, selon la Ligue Algérienne de Droits de l’Homme (LADDH).

« Du 1 janvier 2018 au 31 décembre 2018, la LADDH a recensé plus 3109 tentatives d’immigration clandestine avaient été déjouées par les gardes-côtes algériens le long du littoral algériens », notamment à
Annaba, El-Tarf, chlef ,Mostaganem, Aïn Témouchent , Oran ou encore skikda, précise ce samedi 5 décembre, LADDH dans un communiqué, précisant que ces  jeunes « fuyaient le chômage dont le taux enregistré dépasse les 35% et la dégradation de leur niveau de vie aussi, tans que seuls 10% d’Algériens détiennent 80% des ressources du pays »., Une situation « très inquiétante » qui « confirme que les différences s’agrandissent entre les classes du peuple de façon inédite dans l’histoire de l’Algérie », ajoute la mëme source.

12 700 harraga détenus en Europe en 2018, en baisse par rapport à 2017

Selon la Ligue les chiffres avancés de « 3983 tentatives d’immigration clandestine » dont  287 femmes, 1126 mineurs accompagnés ou bien non accompagnés, « ne reflètent en aucun cas la réalité du terrain », puisqu’il s’agit, précise–t-elle « uniquement des harragas qui ont été arrêtés », sans tenir compte de ceux qui sont morts noyés en mer lors de leur fatale aventure et qui n’ont jamais été repêchés à ce jour.

Dans ce sillage la LADDH révèle avoir récence début 2015 à la fin 2018, la mise à l’échec de tentatives d’immigration « de 9753 individus, tandis que 3000 personnes seraient mortes et disparues en mer depuis 2009 ». Et de préciser quant au nombre de harraga détenus en Europe est en baisse par rapport à 2017,  s’élèvant à 12 700 durant les dix premiers mois de l’année écoulée, contre 14 000 pendant en 2017.

Devant cet état de fait et faute de statistiques officielles, la LADDH « a tenté de cerner le chiffre de ressortissants Algériens détenus à l’étranger en se basant sur les informations partielles collectées auprès des familles de détenus, dans les  rapports des ONG, ces informations restent surement incomplètes et exigent plus d’efforts pour cerner de plus près ces chiffres », ajoute la même source.

Coopération entre les pays de la rive nord-sud, cerner les vraies causes du phénomène

Selon l’ONG, la loi répressive « ne dissuade » pas les harraga, « le dispositif criminalisant l’émigration clandestine (loi n°09-01 du 25 février 2009 » portant sur les infractions commises contre les lois et règlements relatifs à la sortie du territoire national « n’a visiblement servi à rien », explique la LADDH.

Elle considéré que la solution à ce phénomène en Méditerranée est tributaire d’un « dialogue » ouvert et une coopération entre les pays de la rive Nord- Sud. « Il faut faire un pas décisif pour la lutte contre les vraies causes de la migration clandestine et non seulement sécuritaires, que le vrai crime de l’immigration clandestine n’est pas celui de ces innocents si jeunes, morts en voulant vivre dignement. Le vrai forfait est celui de l’impossibilité qui leur est faite de circuler librement, un droit garanti aussi bien par le droit national qu’international et que bafoue une politique migratoire occidentale obsolète, devenue criminogène », estime Président de la Ligue Kaddour Houari.

Franchir clandestinement la frontière d’un pays constitue, « la stricte conséquence logique de sa fermeture abusive au-devant des humains quand on l’ouvre de plus en plus et totalement pour ses créations et son œuvre, les marchandises et les services », aoute Houari.

Par ailleurs, face à l’urgence de ce fléau et au nombre de victimes, la LADDH compte mettre en place des actions pour lutter contre l’immigration illégale, à travers notamment des « campagnes de sensibilisation » des populations concernées sur les menaces et les dangers de cette pratique et en encourageant des activités génératrices de revenus pour lutter contre le chômage et la précarité, dans un but de vivre en dignité et sauver des vies, ainsi sauvegarder la richesse humaine, conclut le communiqué.