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Bras de fer Rebrab- Douanes: Le syndicat national accuse Rebrab de semer la zizanie

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Le syndicat national des Douanes affilié a l’UGTA vient d’entrer dans la bataille qui oppose l’homme d’affaires Issad Rebrab à l’administration des douanes en accusant le PDG du groupe Cevital, de vouloir «déstabiliser l’institution» et de chercher à «semer la zizanie en politisant l’affaire» du blocage de machines destinées à son usine Evcon.

Le syndicat des Douanes, qui a réagi à travers la chaîne de télévision Dzaïr News, reproche à Cevital  de vouloir «se servir de la dénonciation de l’institution douanière pour cacher des surfacturations».

L’administration des douanes a bloqué au niveau du port sec de Boumerdes la presse pour plaques sandwich de EvCon destiné à produire les membranes. La douane parle d’une «surfacturation» sur la valeur de cet équipement, alors que deux expertises ordonnées par la justice ont conclu que «la valeur déclarée de la presse est justifiée».

La société EvCon, filiale du plus grand groupe industriel privé algérien Cevital, est en phase de réalisation d’un projet unique au monde, relatif à la  fabrication de membranes pour la production d’eau ultra pure qui pourrait engendrer un revenu de 15 milliards de dollars.

Le 9 juillet dernier, la douane algérienne a bloqué le matériel importé par EvCon dans le cadre de la réalisation de ce projet. Il s’agit d’une technologie qui bouleverse profondément les secteurs d’application, que sont la production d’eau ultra pure d’injection, utilisée dans l’industrie pharmaceutique, l’industrie des semi-conducteurs, l’agro-industrie, le traitement des eaux usées des différentes industries et le dessalement de l’eau de mer.

Ses atouts résident dans ses membranes qui filtrent la vapeur au lieu de l’eau, avec un résultat d’une qualité 10 fois supérieure par rapport aux procédés classiques actuels, à des coûts moindres et avec une économie d’énergie considérable.

Cette technologie acquise par Evcon Cevital suscite un fort engouement auprès des géants de l’industrie mondiale tels que Bosch, Dohler, Siemens et Schlumberger.

Dans la lettre adressée par Cevital à la Direction générale des douanes, avec copies au Premier ministre et au ministre des Finances, le groupe a indiqué que l’expertise ordonnée par la justice, portant sur la valeur de la presse, a démontré qu’il n’y a point de «possible surfacturation», contrairement aux allégations de l’administration douanière.

Après une première expertise déclarée comme «superficielle et imprécise» par le juge, étant donné qu’elle confondait la machine d’EvCon avec une extrudeuse, le tribunal a ordonné successivement deux autres expertises qui ont conclu, l’une comme l’autre, que «la valeur déclarée de l’équipement est justifiée, non exagérée et acceptable, étant donné que cette presse est un prototype fabriqué spécialement, spécifiquement et exclusivement pour EvCon , avec une technologie de pointe et des caractéristiques techniques dont ne dispose aucune autre machine au monde».

Dans le document rédigé par le fabriquant de la machine EvCon, le groupe Woojin Plaimm GmbH en l’occurrence, dont une copie a été jointe à la lettre adressée aux autorités suscitées, le fabriquant énumère l’ensemble des caractéristiques de la machine d’EvCon justifiant son coût. Il précise que «la machine DL 2300-A5 est un prototype conçu uniquement et spécialement pour EvCon».

Sa conception a nécessité la collaboration et le savoir-faire de plusieurs entreprises allemandes, autrichiennes, suisses et sud-coréennes. Le prix de ce  prototype est dix fois supérieur aux presses fabriquées en série en Corée du Sud. Ces pièces à conviction viennent démentir les thèses de l’administration douanière prétextant «une possible surfacturation» de l’équipement importé.

Pour empêcher encore l’enlèvement de l’équipement de Cevital, la Direction des douanes pousse au report d’une semaine le dépôt d’un recours à une décision de justice qui la somme de débloquer la situation. Les responsables de la direction des douanes se sont présentés, à la cour en oubliant d’emmener avec eux le dossier de fond. Et c’est par ce fait qu’ils justifient la demande de report de l’affaire à la semaine d’après.

Cette nouvelle manœuvre vise, selon le groupe Cevital, à gagner encore du temps : «La douane cherche à gagner du temps pour satisfaire la main invisible qui veut nuire à Cevital. Sinon, pourquoi n’a-t-elle pas versé son dossier de fond à l’audience de ce jour concernant sa demande d’arrêt d’exécution d’une décision rendue en référé en faveur d’EvCon ?», s’interroge le groupe Cevital dans un tweet.