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Tizi-Ouzou: Risque d’une vendetta entre les habitants de deux villages

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Dans la commune rurale d’Aït-Khellili, daïra de Mekla et wilaya de Tizi-Ouzou, le risque d’une vendetta pèse lourdement sur les habitants de deux villages, Tanedlest et Agoulmime.

Le conflit entre ces deux villages, et qui remonte antérieurement à l’année 20I6, a pour origine le bornage de leur commune ligne frontalière.

En tout cas, c’est l’élément endogène de cette affaire qui, à défaut d’une intervention rapide des pouvoirs publics, risque de se terminer par un bain de sang. Concernant l’élément endogène de ce différent, il n’est pas connu du public et doit remonter sans doute à plusieurs années.

Chaque partie estime que la limite réelle de la frontière réelle de son village se trouve au-delà de celle considérée par la partie adverse.

Le plan cadastral n’existe pas ou s’il existe ne mentionne pas les délimitations de villages. Bien de nombreux vieux sages de la commune d’Aït-Khelli et même d’ailleurs ont essayé de réconcilier les deux parties belligérantes en leur proposant de discuter pacifiquement de ce différent, mais en vain.

Les autorités locales ont également essayé dans le passé de solutionner ce problème en proposant leurs bons offices aux habitants de ces deux villages mais sans pour autant obtenir un quelconque résultat prometteur. Chaque partie est restée ferme sur ses positions car elle croit dur comme fer qu’elle a raison et que son adversaire est dans le tort.

De son côté, Tayeb Mokadem, secrétaire de wilaya Bureau RND de la wilaya de Tizi-Ouzou et non moins député, soucieux de trouver une solution idoine et définitive à ce conflit, a saisi, par courrier n°525 du 29 mai 20I7, le ministre de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire en le priant de constituer une commission ministérielle et la dépêcher à la commune d’Aït-Khellili, avec mission de trouver une solution à ce problème, qui, non seulement, a trop duré, mais risque de s’aggraver.

Cependant, Nourredine Bédoui a ignoré l’alerte de Tayeb Mokadem. Celui-ci, loin de se décourager, a rappelé le ministre, par la correspondance n°I067/20I7 du 28 novembre 20I7 pour lui signifier que le conflit entre les deux parties a pris de l’ampleur et, par conséquent, un réel risque d’une vendetta entre les habitants de ces deux villages. Nourredine Bédoui a, encore une fois, ignoré la correspondance du député Tayeb Mokadem.

Est-ce par mépris ou par trop d’assurance quant à l’absence du moindre risque de conflit ? Toujours est-il cependant que l’incompréhension et l’animosité entre les deux parties en conflit ont augmenté de dimension. Le fossé entre les habitants d’Agoulmime et Tanedlest a été si large au point que les opérations baptismales des différents établissements de la commune au nom de Chouhada de la même commune ont été corrigées dans leurs conceptions et dénominations.

Les autorités locales, appuyées par le wali, Abdelhakim Chatter, ont tout simplement décidé la plaque baptismale destinée pour tel ou tel établissement éducatif ne doit aucunement porter le nom d’un quelconque village de la commune. Sur l’écriteau, seul le nom du Chahid et la dénomination « commune d’Aït-Khelli » doivent y figurer.

C’est dans cette perspective d’ailleurs que Abdelhakim Chatter a dépêché, hier, son directeur de l’éducation de la wilaya dans la commune d’Aït-Khellili. En effet, ce premier responsable du secteur éducatif de la wilaya a rencontré au siège de l’APC d’Aït-Khellili tous les comités de villages de la commune pour discuter de la faisabilité et l’exécution de cette proposition. Celle-ci a été acceptée à l’unanimité des représentants des comités de villages. D’ailleurs, cette entente a entraîné la réouverture des services de l’APC fermés le jour même dans la matinée.

Toujours est-il encore que le député Tayeb Mokadem et non moins secrétaire de Bureau RND de la wilaya de Tizi-Ouzou a saisi, hier, le Premier Ministre par le biais d’une correspondance pour l’informer de ce risque d’une vendetta et au même temps le solliciter de constituer une commission ministérielle et la dépêcher à Aït-Khellili pour trouver une solution à la problématique qui a, rappelons-le, trop duré.

Dans ce document, son signataire a signalé à Ahmed Ouyahia le problème dans toute sa dimension. Il reste à savoir si le Premier Ministre prendra en charge ce dossier pendant qu’il est encore de le gérer ou fera-t-il comme si de rien n’était à l’instar de Nourredine Bédoui ?