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Elles ont refoulé des clients qui voulaient mettre leur argent: La Banque d’Algérie met au pilori certaines banques

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En raison d’une interprétation, «souvent abusive et non fondée», des dispositions de la loi régissant le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, «certains guichets bancaires ont été à l’origine de refoulement de capitaux de manière arbitraire et sans justifications réglementaires» indique la Banque d’Algérie.

Cette «interprétation restrictive» que font certaines banques des dispositions réglementaires «est constatée notamment en matière d’ouverture de comptes, d’acceptation des dépôts et de délais exagérés de mise à disposition des fonds» ajoute la BA qui semble pointe du doigt la mission de certaines banques qu’elle omet pourtant de citer.

En conséquence, cette attitude a «desservi les objectifs de l’inclusion financière et a généré, auprès des épargnants potentiels, un phénomène d’incompréhension et même de désaffection» à l’égard des banques note encore la Banque d’Algérie.

Dans ce sens, les banques ont été appelées à se mobiliser plus efficacement aux fins de la «bancarisation
de la liquidité monétaire thésaurisée» et de sa canalisation vers les «objectifs de financement de l’économie».

L’enjeu pour la BA «est aussi la réduction de la liquidité monétaire en circulation dans l’informel» et «l’instauration de la confiance*» avec la clientèle épargnante dans un cadre d’une relation bancaire professionnelle et sereine.

Dans ce sens, les banques ont été appelées à «se secouer pour se conformer à leurs obligations en matière de publicité et de vulgarisation des conditions de banque afin de mettre en confiance les épargnants potentiels».

Cette attitude a été parmi les «facteurs» de la persistance de la sous-bancarisation indique clore la BA qui ajoute que la circulation fiduciaire hors banques représente une certaine proportion de la masse monétaire, «évaluée à près de 33%, soit 4.675 milliards de DA à fin 2017» se répartissant en encaisses transactionnelles et thésaurisation pour un montant estimé «entre 1.500 et 2.000 milliards de DA auprès des entreprises et ménages», alors que le reste représente la circulation fiduciaire dans l’économie informelle, «soit un montant allant entre près de 2.680 et 3.200 milliards de DA».

Les mesures de drainage des ressources financières ne concernent pas seulement «la monnaie nationale»
mais également «les devises thésaurisées dont les détenteurs font face à de différentes contraintes liées à l’ouverture des comptes, à l’alimentation et au fonctionnement de ces comptes et à la justification de l’origine des fonds» accuse la BA.

Pour cette dernière ces différentes contraintes «n’ont pas permis le développement de l’inclusion financière à travers la collecte de cette épargne devises qui constitue un apport certain de par le nombre de comptes actifs (4,7 millions de comptes), de par le montant de l’épargne constituée (l’équivalent de près de 5 milliards de dollars) et de par le potentiel qu’elle pourrait receler»*.

Selon les solutions proposées par la Banque d’Algérie et aux fins d’élargir l’éventail des produits et services bancaires touchant l’ensemble des segments de l’économie et approuvées par les banques et établissements financiers, «des opérations bancaires relevant de la finance participative portant sur les produits financiers conformes à la charia islamique» vont être autorisées.

Ce règlement définit les règles applicables aux produits dits participatifs «ne donnant pas lieu à perception ou versement d’intérêt». Il s’agit des produits appelés Mourabaha, Moucharaka, Moudaraba, Ijara, Istisna’a et Salam ainsi que «les dépôts en comptesd’investissement».

Quant aux objectifs de ce règlement régissant cette activité spécifique des banques classiques universelles, «ils visent à prendre en charge les particularités de ce mode de financement et de collecte de ressources, à répondre au mieux aux attentes, actuelles et futures, des opérateurs économiques, à renforcer l’inclusion financière en contribuant à la mobilisation de l’épargne, en général, et particulièrement à celle circulant en dehors du circuit bancaire»,* selon la même source.