Béatification des 19 religieux et religieuses chrétiens: Le pape François 1er ne viendra pas

Saïd Farhi Le


Annoncé un premier temps présent à la béatification des 19 religieux et religieuses chrétiens, dont sept moines trappistes de Tibhirine, déclarés «martyrs»par le pape François et qui seront béatifiés samedi prochain à Oran, tués durant la guerre civile des années 1990 en Algérie, le Pape François 1er ne sera pas présent lors de la cérémonie de béatification.

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C’est l’Eglise catholique d’Algérie qui vient de l’annoncer officiellement. Selon cette source, la célébration de béatification aura lieu au sanctuaire Notre Dame de Santa Cruz en présence d’un simple représentant du pape François, à savoir le cardinal Angelo Becciu, a-t-on précisé de même source.

Les personnalités concernées par la béatification sont feux Pierre Claverie qui fut évêque d’Oran, les moines de Tibhirine, des Pères Blancs de Tizi-Ouzou et des religieuses et religieux d’Alger.

Il s’agit, en vérité, d’une cérémonie rendant hommage à titre posthume à 19 personnalités chrétiennes, restées en Algérie durant la décennie noire en dépit des menaces qui pesaient sur elles. Soulignons enfin que les autorités algériennes ont annoncé qu’ils ont facilité «à l’église catholique ce protocolaire et l’initiative religieuse chrétienne qui respecte les lois de la République».

Le 27 décembre 1994, quatre religieux de la communauté des Pères blancs sont assassinés dans leur presbytère à Tizi-Ouzou. Les quatre missionnaires –Jean Chevillard (Français, 69 ans), Alain Dieulangard (Français, 75 ans), Charles Deckers (Belge, 70 ans) et Christian Chessel (Français, 36 ans)– appartenaient à la Société des missionnaires d’Afrique (SMA), fondée à Alger en 1868.

Deux jours plus tard, le GIA revendique l’assassinat perpétré «en représailles à la mort de quatre membres» du GIA en France, et affirme que «ses forces poursuivent l’extermination des chrétiens croisés». Les quatre membres du GIA avaient été abattus le 26 décembre par les gendarmes français sur l’aéroport de Marseille, lors de l’assaut donné à un Airbus d’Air France qu’ils avaient détourné à Alger deux jours plus tôt. 

Les meurtres suscitent l’émotion en Algérie, où l’aide apportée par ces religieux à la population est largement appréciée. 

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines français de l’ordre cistercien de la Stricte Observance sont enlevés dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, sur les hauteurs de Médéa. Ils partageaient leur potager avec les habitants de la région et refusaient de partir en dépit de l’insécurité croissante. Il s’agit des frères trappistes Christian de Chergé (59 ans), Luc Dochier (82 ans), Paul Favre-Miville (56 ans), Christophe Lebreton (45 ans), Michel Fleury (51 ans), Célestin Ringeard (62 ans) et Bruno Lemarchand (66 ans). 

Le 23 mai, le GIA annonce «avoir tranché la gorge» des otages deux jours auparavant, expliquant ce massacre par le refus du gouvernement français de négocier. Les têtes des moines sont retrouvées par l’armée algérienne le 30 mai sur une route près de Médéa, mais pas les corps

Le 1er août 1996, Mgr Pierre Claverie, frère dominicain et évêque d’Oran est tué, en même temps que son chauffeur algérien, par l’explosion d’une bombe actionnée à distance, après avoir pénétré dans la cour de l’évêché. Il revenait d’Alger, où il avait rencontré le ministre français des Affaires étrangères Hervé de Charette.

Mgr Claverie, 58 ans, avait la double nationalité française et algérienne. Se sachant menacé dans l’Algérie déchirée par les violences, il avait décidé d’y rester, estimant que «l’Eglise catholique ne reste pas pour elle-même, mais pour témoigner d’une solidarité, comme on reste au chevet d’un ami malade». «Même si nous voulions partir, nous ne le pourrions plus. Nos sangs sont mêlés», disait-il.

Raymond (Française, 67 ans), qui animaient une bibliothèque de l’archevêché à la Casbah d’Alger, sont les premiers des 19 religieux assassinés en Algérie lors de la décennie noire. Ils sont tués par deux hommes armés de pistolets.

Le 23 octobre 1994, les sœurs espagnoles Esther Paniagua Alonso (45 ans) et Caridad Alvarez Martín (61 ans), membres de l’ordre des Augustines, sont tuées par balles alors qu’elles allaient prier dans une chapelle du quartier populaire de Bab El-Oued à Alger.

Le 3 septembre 1995, sœur Angèle-Marie (Jeanne Littlejohn, Maltaise, 61 ans) et sœur Bibiane (Denise Leclerc, Française, 65 ans) sont tuées par balles en revenant de la prière dans le quartier populaire de Belcourt à Alger.

Le 10 novembre 1995, Odette Prévost (Française, 63 ans), petite sœur du Sacré-Cœur, est tuée dans un attentat dans le quartier de Kouba à Alger.


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