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Un présidentiable qui se renforce: Ouyahia lorgne-t-il vers le Palais d’El Mouradia ?

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia assistera les 17 et 18 novembre prochain au sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA) qui aura lieu à Addis-Abeba (Ethiopie) et qui sera consacré à la réforme institutionnelle de l’organisation.

Ce sera le troisième voyage à l’étranger, en l’espace d’une semaine, de Ahmed Ouyahia. Un agenda digne d’un président lui n’est guère sorti du pays une fois dans l’année. Le Premier ministre revenait de Palerme en Italie ou il assistait  le 13 novembre dernier à une réunion informelle des représentants de plusieurs pays sur la Libye, dans le cadre de la conférence internationale sur la crise libyenne.

Quelques jours plutôt, Ahmed Ouyahia était à Paris pour participer aux côtés de 72 chefs d’Etat et de gouvernement, à la cérémonie de commémoration du centenaire de la signature de l’armistice qui avait marqué le 11 novembre 1918 la fin de la Première guerre mondiale. 

Le Premier ministre a été reçu auparavant au palais de l’Elysée où il a été accueilli par le président Emmanuel Macron. Ces sorties successives ont renforcé la position de l’homme dans l’échiquier politique. Bien que traînant une mauvaise publicité depuis les années 90 avec surtout l’affaire des dissolutions des entreprises publiques déficitaires et leur lot de chômeurs, Ahmed Ouyahia inaugurait les débuts difficiles d’une gestion impopulaire.  Mal aimé par la presse qui le trouve presque sur de lui et parfois même arrogant, Ouyahia a pourtant fait plusieurs passage au Premier ministère sans toutefois, appelé souvent en pompier lors des situations de crises aiguës.  Premier ministre pour la quatrième fois, sur fond de crise économique aiguë, Ahmed Ouyahia assume sans états d’âme son statut de grand commis : loyal, obéissant et patriote. 

Depuis, une série d’événements ont accentué le caractère erratique d’un homme politique et qui a profondément déconcerté la classe politique et a été vivement critiquée par les médias. Ouyahia est-il en train de se révéler comme un vrai présidentiable? Les hommes du président, il ne reste plus qu’Ahmed Ouyahia qui s’est forgé une stature d’hommes d’Etat et de possibles prétendants à la magistrature suprême.  Il faut dire qu’il bénéficie, clairement, de la confiance des hauts gradés de l’armée.

L’express DZ Mag

Il est présenté, également, comme le seul politicien, de l’heure, qui disposerait de toutes les qualités intellectuelles nécessaires pour diriger l’Etat algérien. Y compris pour une période de transition. Patient, Ouyahia 66 ans et père de deux enfants, est revenu aux affaires après une disgrâce qui aura duré un an et demie. Homme fort du courant éradicateur, apprécié par les technocrates et estimé par les partenaires étrangers de l’Algérie, Ahmed Ouyahia a, sûrement, l’étoffe d’un potentiel successeur du président de la république.

Il peut compter, aujourd’hui, sur ses partisans qui sont revenus en force au RND. Pour l’instant il fait tourner la machine aux côtés du président de la république et tente de prendre de la hauteur par rapport à tous les candidats déclarés de l’opposition où ceux, qui avancent masqués. Sa réputation d’homme de fer, et des missions impossibles lui confère, malgré son déficit d’image, une avance considérable sur son sur les autres potentiels candidats. L’homme est, pourtant, compatible avec tous les pôles du pouvoir.

Tout cela ferait-il de lui un présidentiable. Du cabinet de la présidence de la république et aujourd’hui à la chefferie du gouvernement  Ahmed Ouyahia a la main sur tous les dossiers. Ouyahia  parviendra-t-il à convaincre les Algériens, anesthésiés par 20 ans de règne de simplisme et de populisme pour être demain celui qui présidera aux destinées du pays.

On est loin de l’image de Ahmed Ouyahia donnant sa première conférence de presse en 1996 alors directeur de cabinet à la présidence du chef de l’État, Liamine Zéroual.

Aujourd’hui c’est un autre destin qui l’attend avec l’Algérie. Il a acquis énormément d’expérience pour aspirer régner sur le pays.