Le baril de Damoclès

Boualem B Le


Le sort de notre pays est intimement lié au baril du pétrole. Ainsi ont voulu les tenants du pouvoir. Si le Damoclès légendaire était menacé par une épée suspendue au-dessus de sa tête, et retenue seulement par un crin de cheval, les pays rentiers comme le nôtre vivent en permanence sous la menace des fluctuations du prix du baril de pétrole.

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Depuis Houari Boumediene et sa fameuse trilogie révolutionnaire (industrielle, agraire et culturelle), l’Algérie n’a vécu et survécu que grâce à ses hydrocarbures. Pourtant conscients des dangers de cette dépendance pétrolière et de cette économie rentière, les gouvernements successifs,  hormis quelques mesures spécifiques et certains liftings structurels, n’ont quasiment rien fait de notable pour changer de trajectoire et mettre le pays à l’abri des effets pervers de cette dépendance.

L’instabilité et les fluctuations qui  caractérisent le prix du baril de pétrole démontre, si besoin est, que confier le destin du pays à ce secteur est suicidaire. Le jargon économique, en usage chez nous, concentré entre quelques concepts négatifs, est à ce sujet, suffisamment parlant. Depuis des années l’on ne sérine que d’inflation, de déficit budgétaire, de chômage, d’endettement interne et externe, de marché informel, de dégringolade du dinar…Le Baril qui se négocie actuellement sous la barre des 70 dollars et qui peut continuer dans sa tendance baissière, nous mettra encore une fois la corde au cou. Et encore une fois, le gouvernement adoptera des solutions rédhibitoires ou approximatives : le FMI, les réserves de change ou le financement non conventionnel.

La diversification de l’économie nationale dont se targue le gouvernement tarde à devenir réalité pour contribuer de façon notable à améliorer nos recettes extérieures hors hydrocarbures. Le pétrole bien qu’il soit une manne divine, peut devenir une malédiction pour les régimes qui ne savent pas faire bon usage. Et qu’on se le dise, une économie, avec comme principal étendard, le baril de pétrole, ne peut être à la longue, qu’explosive.


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