L'info c'est ici

Affaire des 701 kg de cocaïne: «El-Bouchi» présenté ce mardi devant le juge d’instruction

24

Le principal accusé dans l’affaire de tentative d’introduction de 701 kg de cocaïne depuis le port d’Oran, a été présenté ce mardi devant le juge d’instruction qui poursuit son enquête quatre mois après son éclatement.

Lors de sa dernière audition par le juge d’instruction, Kamel Chikhi s’est dit victime d’une machination orchestrée par deux frères oranais qui lui livre bataille dans ces deux branches d’activité, à savoir l’importation de viandes rouges et l’immobilier.

Le principal accusé dans l’affaire cocaïne-701 a défendu la thèse selon laquelle ces deux concourants Oranais ont orchestré sa descente aux enfers. Il a d’ailleurs relaté que l’un d’eux a promis de le «réduire à néant», quatre mois avant la saisie des sept quintaux de cocaïne à Oran en mai dernier, a rapporté Ennahar, citant des sources judiciaires proches du dossier.

Si l’on croit, les informations rapportées par le même média, ces deux affairistes évoluant dans la capitale de l’Ouest et dont le nom n’a pas été révélé, posséderaient une fortune colossale. Leur réseau d’influence s’étendrait jusqu’en Espagne ou ils auraient plusieurs comptes bancaires et biens immobiliers.

El Bouchi a donc tenté d’orienter le juge sur une autre piste. Le fait que tous les biens qu’il possède sont inscrits à son nom est, selon lui, une preuve de son innocence. «Si mes propriétés avaient été acquises par l’argent de la cocaïne, je ne les aurais pas inscrites à mon nom», a-t-il soutenu.

Jusqu’ici, très peu d’informations ont été dévoilées sur ce scandale retentissant. Cependant, l’enquête d’Ennahar TV va jusqu’à évoquer un réseau, dirigée par une fille du nom de Houda, qui écoulait la cocaïne de Kamel Chikhi, alias «El-Bouchi», principal accusé dans cette affaire.

L’affaire remonte à septembre 2017, lorsque les forces de la gendarmerie nationale ont réussi à démanteler un vaste réseau de trafic de cocaïne à Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l’Est d’Alger. Dans une sombre villa de cette ville côtière, Houda menait son business, mêlant sexe et vente de cocaïne aux très riches.

Selon le reportage, c’est dans cette villa que des soirées réservées aux VIP étaient organisées. Parmi les VIP, des dealers de drogue réputés dans le milieu, alors que les plus influents envoyaient leurs hommes de main pour négocier les livraisons de cocaïne.

La villa utilisée par Houda appartient à deux frères ; Hichem et Farouk DJ. Ces derniers sont les neveux de Nadjib M, associé de Kamel Chikhi dans plusieurs sociétés, notamment Dounya Meat qui a importé le conteneur de viandes bourrées de cocaïne.

Hichem et Farouk avaient pour mission d’assurer les quantités de cocaïne à Houda qui, à son tour, se chargeait de les écouler parmi les très riches. Pour leur part, les frères Hichem et Farouk s’approvisionnaient très probablement auprès de leur oncle, principal associé de Kamel «El-Bouchi». 

Outre les liens familiaux qui les lient à Nadjib M, Hichem et Farouk apparaissent également comme associés avec leur oncle dans plusieurs sociétés immobilières, dont notamment la société FM Immobilier. 

Dans ce reportage, l’on retient un point commun entre Kamel Chikhi et les petits barons de drogue qui l’entourent : l’investissement dans l’immobilier. Comme leur parrain, les frères Hichem et Farouk dirigent eux aussi des sociétés immobilières.

Jusqu’ici, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur le lien qu’il pourrait y avoir entre les 701 kg de cocaïne et l’empire immobilier érigé par Kamel «El-Bouchi». 

A noter que depuis l’arrestation d’El-Boucher, une série de limogeages de plusieurs hauts responsables, a eu lieu, notamment auprès des hauts gradés de l’armée.

Pour rappel, cinq généraux-majors ont été emprisonnés à la prison militaire de Blida. Trois (3) des cinq généraux-majors emprisonnés dans l’affaire d’enrichissement illégal ont été remis en liberté provisoire lundi 5 novembre. Les généraux-majors Menad Nouba, Saïd Bey et Abderrazak Chérif ont bénéficié d’une procédure de remise en liberté provisoire, en attendant la tenue de leur procès. Ces trois généraux-majors occupaient respectivement les postes de Commandant de la Gendarmerie nationale, Commandant de la 2e RM et Commandant de la 4e RM.