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Selon le procureur général près le tribunal de Milan: Le PDG de Saipem était au courant des pots-de-vin que recevait Farid Bedjaoui

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Le tribunal de Milan devrait se prononcer le 19 septembre prochain sur les sanctions à l’encontre des huit accusés dans l’affaire de pots-de-vin dite Sonatrach II, dont trois côté algérien en l’occurrence Farid Bedjaoui, Samir Ouriad, Omar Habour et cinq mis en causes côté italien, dont Paolo Scaroni, Franco Tali, Pietro Faroni, Alessandro Bernini et Antonio Villa. Le procureur général près le tribunal de Milan vient de révéler à la presse italienne que le président exécutif du groupe énergétique italien ENI, Paolo Scaroni était au courant des pots-de-vin colossaux que recevait Farid Bedjaoui de Saipem. Le procureur général dudit tribunal considère Bedjaoui non seulement un secrétaire de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil «mais un intermédiaire entre Saipem et la partie algérienne». Ces détails sont contenus dans la réponse du ministère public près le tribunal de Milan, Isidoro Palma, ont rapporté des journaux italiens dont «Il Fatto Quotidiano» et «Reuters Italia». Selon les mêmes sources, Isidoro Palma a révélé dans sa réponse que Paolo Scaroni «avait pris connaissance que Bedjaoui était le potentiel collecteur de pots-de-vin dans cette affaire et qu’il n’était point un simple secrétaire du ministre algérien de l’Energie». Selon le magistrat, «Scaroni en sa qualité de directeur d’ENI savait comment le volume de Saipem s’est accru de manière spectaculaire» et ce grâce aux «charges des médiations qui ont augmenté, à savoir les potentielles commissions». Cette révélation va relancer de plus belle cette affaire que certains (en Algérie et en Italie) ont voulu vite enterrer. Le principal accusé Farid Bedjaoui lui coule des jours heureux à Dubaï ou il s’est établi en famille. Un mandat d’arrêt international a été lancé par la justice italienne contre Farid Bedjaoui pour «association de malfaiteurs finalisée à la corruption». En effet, il figure parmi les personnes faisant objet de mandat d’arrêt international qu’Interpol met en ligne en guise d’alerte recherche dans le monde et du coup permettre de les interpeller si elles se trouvent sur le sol des pays membres de cette organisation. Sur la fiche publiée par Interpol est indiqué que Bedjaoui Farid Noureddine est âgé de 44 ans portant les nationalités algérienne, canadienne et française. Il est ainsi demandé à toute personne en possession des informations sur lui de contacter le secrétariat général d’Interpol via la police locale du pays où elle se trouve. C’est à la demande de la justice italienne, qu’Interpol publie une notice rouge à l’encontre de Farid Noureddine Bedjaoui, principal mis en cause dans l’affaire des pots-de-vin impliquant Saipem. Ce message d’alerte signifie que Farid Bedjaoui est recherché par les services de sécurité des 190 Etats membres de cette organisation internationale de police. Les juges italiens sont à ses trousses depuis l’éclatement de l’affaire en Italie, en février 2013. Ils ont réussi à découvrir et geler certains de ses avoirs, notamment au Liban. L’arrestation de Farid Bedjaoui est primordiale pour faire avancer l’enquête. Elle constituerait un pas de géant dans l’élucidation de cette affaire qui n’a pas livré tous ses secrets. Grâce à des perquisitions dans les bureaux d’ENI et Saipem et le domicile de Paolo Scaroni, le PDG d’ENI-Saipem, à Milan, un lien a bel et bien été établi entre Farid Bedjaoui, certains dirigeants du groupe pétrolier italien ENI, à sa tête Paolo Scaroni. Cette commission a été versée en contrepartie de huit grands contrats pétroliers d’une valeur de 11 milliards d’euros attribués frauduleusement à Saipem. Farid Bedjaoui a joué le rôle d’intermédiaire. C’est lui qui organisait les rendez-vous entre Chakib Khelil et les différents responsables de Saipem dont le directeur général, Franco Tali, le chef de l’exploitation, Peter Varone, le directeur financier, Alessandro Bernini, et l’ex-directeur général de Saipem-Algérie Tullio Orsi. Il a également mis en place les circuits de transfert de ces «commissions». Une véritable machine à corruption, mais qui est loin d’être infaillible. La justice italienne a découvert également l’existence de «rétro commissions» renvoyées aux responsables corrompus italiens en guise de «remerciement» pour leur «gestion impeccable». Ainsi, ont été identifiées des «rétro commissions» d’environ 10,5 millions d’euros, dont 5,29 millions ont été versés sur le compte de Peter Varone et 5,17 millions sur celui de Tullio Orsi. Farid Bedjaoui est soupçonné d’être mêlé dans le versement de pots-de-vin au cours de la signature des contrats entre le groupe pétrolier, Sonatrach avec son homologue italien, ENI via sa filiale Saipem. Le parquet de Milan (Italie) enquête sur les conditions d’obtention par Saipem de contrats d’un montant de 8 milliards de dollars entre 2007 et 2009 avec Sonatrach. L’Algérie a lancé au début de l’éclatement de l’affaire des mandats d’arrêts internationaux contre neuf personnes impliquées dans le scandale de Sonatrach II dont Chakib Khelil, sa femme, ses deux enfants ainsi que Farid Bedjaoui.

Deux immeubles de Farid Bedjaoui et des résidences de Omar Habour mis sous scellés à Paris

La justice française poursuit son enquête sur les biens acquis en France grâce à l’argent de la corruption issu de Sonatrach. La section anti blanchiment d’argent de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière de Paris a auditionné Omar Aït Mokhtar, en sa qualité coordinateur du Mouvement citoyen algérien en France (MCAF). Par la suite, la machine judiciaire française s’est mise en branle pour traquer les «biens mal acquis» des Algériens dont les noms ont été cités dans cette grosse affaire de corruption transnationale (entre l’Algérie et l’Italie). L’enquête semble bien avancer, menée par deux procureurs, Fabio De Pasquale, côté milanais, et M. Baietto (procureur adjoint à Paris). Les premières investigations menées conjointement entre Milanais et Parisiens ont porté leurs fruits. Des résidences de Farid Bedjaoui et Omar Habour ont été perquisitionnées à Paris et deux immeubles de Farid Bedjaoui, situés sur l’avenue d’Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris, ont été mis sous scellés. Ces biens ont été achetés aux noms de sociétés créées spécialement pour cela au Luxembourg et alimentées en fonds à partir de certains pays d’Asie. Des sociétés mises au nom de jeune fille de la mère de Farid Bedjaoui, à savoir Lauron Lionnelle. Une villa de haut standing à Ramatuelle a été mise également sous scellés. L’enquête qui se poursuit concerne la période 2006-2009. Le coordinateur du MCAF a confirmé de son côté que deux mandats d’arrêt internationaux ont été reçus par Interpol. Ils concernent Farid Bedjaoui et Omar Habour. Ce mouvement, pour rappel, a déposé une plainte, appuyée par des documents, auprès de la justice française afin qu’elle procède à la saisie des biens et des comptes en France des personnes impliquées dans l’affaire de corruption au sein du groupe pétrolier Sonatrach. Selon une enquête de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Saipem, filiale du géant italien ENI a fait l’objet d’une enquête diligentée par le parquet de Milan sur des pots-de-vin versés entre 2007 et 2009 à des fonctionnaires et hommes politiques algériens, dont l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil pour l’obtention de contrats pétroliers évalués à 8 milliards d’euros. La presse italienne a révélé aussi que l’ex ministre avait participé à des réunions à Paris et à Milan, avec Farid Bedjaoui et des responsables de Saipem et d’ENI. En Algérie, la justice n’a pas encore convoqué Khelil, ni entamé ses auditions dans l’affaire Sonatrach II. Les commissions rogatoires envoyées à l’étranger dans le cadre de cette enquête peinent à obtenir des informations sur les personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce scandale. La commission rogatoire envoyée à Dubaï où réside Farid Bedjaoui n’a reçu aucune réponse de la part de la justice locale. Une deuxième correspondance a été adressée à la justice de Dubaï. L’Espagne, le Canada et les États-Unis n’ont pas encore répondu aux commissions rogatoires algériennes. Rappelons que le parquet de Milan avait requis février dernier des peines de 8 ans de prison ferme à l’encontre de Farid Bedjaoui, de 6 ans et 4 mois de prison ferme contre Omar Habour, tandis que Samir Ouriad a écopé d’un 4 ans et 10 mois de prison.