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Les Algériens ont investi 754 millions d’euros en France

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Les relations algéro-françaises peuvent-elles être normales avec le maintien de cette contradiction : être à la fois un partenaire et une menace ? Et c’est précisément parce que l’Algérie est encore perçue comme un pays à risque que la coopération économique bilatérale n’est pas au niveau souhaité, du fait à la fois de la frilosité des investisseurs français et de la faible attraction du marché algérien. Pourtant, le début des années 2010 avait suscité de grands espoirs lorsque plus de 300 entreprises françaises de divers secteurs économiques avaient participé à la foire internationale d’Alger. Mais les difficultés des investisseurs français à travailler en Algérie, conjuguées à l’appréciation constamment négative du «risque Algérie» par la COFACE (compagnie française d’assurances du commerce extérieur), expliquent la tiédeur des hommes d’affaires français à investir en Algérie. Les obstacles aux investissements directs étrangers (IDE) sont liés à l’environnement juridique, administratif et financier et aggravés par une situation sécuritaire toujours préoccupante aux yeux des entrepreneurs étrangers malgré une nette amélioration dans ces dernières années. C’est sans doute ce climat des affaires perçu comme peu encourageant qui empêche les investisseurs français de miser sur le marché algérien. Alors que les Français reprochent à l’Algérie l’absence d’une doctrine claire sur les IDE, le gouvernement algérien a introduit de nouvelles mesures fixant notamment le partage du capital entre national et étranger à 51 %-49 % et même 60 %-40 %. Ce nouveau dispositif a inquiété les entreprises françaises, ce qui a incité des représentants du Medef (Mouvement de chefs d’entreprises français) à se rendre en novembre à Alger pour s’enquérir de près de la situation auprès de leurs homologues algériens du Forum des chefs d’entreprises (FCE). Les entreprises françaises se plaignent d’être exclues des contrats publics en Algérie au profit notamment des entreprises chinoises, alors que le ton de la diplomatie française se veut rassurant et compréhensif des motivations des autorités algériennes concernant les dispositions de la LFC. Peut-on au demeurant reprocher aux Algériens de défendre leurs intérêts et de choisir des partenaires qui présentent les meilleurs rapports qualité-prix pour réaliser des projets? En dépit de ces difficultés, la présence française en Algérie en termes d’investissements n’est pas négligeable. L’Algérie reste le premier partenaire commercial de la France en Afrique avec cependant à peine 1 % du commerce extérieur de la France hors hydrocarbures. Avec l’émergence de nouveaux concurrents (Chine, Italie…), et le désir de l’Algérie de diversifier ses partenaires, les relations économiques algéro-françaises constituent toujours un pilier important de la coopération bilatérale, mais gagneraient à être intensifiées et surtout assainies de tout comportement rentier d’une situation coloniale révolue. Loin de constituer une source de menace pour la France, l’Algérie veut être considérée comme un partenaire à part entière afin de bâtir ensemble une coopération équilibrée et exemplaire. L ‘Algérie est devenu le 18ème client de la France et son 6ème excédent. La France est le 2ème fournisseur du pays et son 3ème client. Au sein de la région Afrique du nord- Moyen-Orient, le pays est le 1er client de la France et son 2eme excédent. Il représente 16,7% des exportations françaises dans la région. Les investissements français dans le pays s’élèvent à 2,471 milliards d’euros en 2017. Il a connu une évolution de 2% par an entre 2012 et 2017. Le stock d’investissements de l’Algérie en France s’élève à 754 millions d’euros en 2017. Il a connu une évolution de 29% par an entre 2012 et 2017.  L’Algérie est le 32ème investisseur en France en 2017.

 

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