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L’Algérie s’apprête à renégocier les contrats à long terme sur le gaz avec l’UE

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Les revenus en devises de l’Algérie proviennent à 50% du pétrole et à 50% du gaz. Le reste, c’est-à-dire le commerce extérieur, son poids et sa place sont insignifiants dans la structure du PIB.

Outre l’Italie, l’Algérie doit se préparer à des renégociations des contrats gaziers à long terme conclus avec plusieurs autres clients depuis une vingtaine d’années.

En effet, la plupart des contrats gaziers à long terme arriveront à expiration en 2018 et 2019. Ces contrats se sont renforcés et multipliés dans le sillage des projets de gazoducs reliant l’Algérie à l’Europe et qui plaçaient l’Algérie en tant que fournisseur naturel et incontournable de l’Europe. Malgré le changement de conjoncture, l’Algérie peut toujours prétendre à rester un partenaire fiable et privilégié de l’Europe au vu des infrastructures existantes et de sa proximité avec ses clients.

L’Algérie est donc dans une position confortable en raison de ces gazoducs intercontinentaux qui la relient à l’Europe, à travers l’Italie et l’Espagne. Ces gazoducs peuvent être considérés comme une véritable garantie pour les clients européens de Sonatrach. Mais, malgré ses atouts, l’Algérie devra se conformer à de nouvelles règles de jeu imposées par la concurrence et les nouveaux tarifs du gaz. Car si jusqu’à présent la Russie était le principal fournisseur de gaz en Europe (avec l’Algérie, le Qatar et la Norvège), les États-Unis implantent progressivement leur gaz de schiste sur le Vieux continent.

Les vastes réserves de schiste outre-Atlantique donnent un avantage au gaz américain : les pays importateurs peuvent être rassurés sur la question de la sécurité de l’approvisionnement.

Selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), les États-Unis produiront en 2022 plus d’un cinquième du gaz mondial, ce qui les placera alors au même niveau que la Russie et la Norvège, principaux exportateurs de gaz. Si cette offre excédentaire place en position de force les pays importateurs, elle est évidemment une mauvaise nouvelle pour les pays exportateurs comme l’Algérie.

Selon Bloomberg, «cette surabondance est susceptible de persister au moins jusqu’en 2020, en maintenant les prix bas». Aussi le durcissement de la concurrence sur le marché du gaz pourrait venir compliquer le renouvellement de plusieurs accords algériens à long terme avec des pays de l’Union européenne. La plupart des contrats signés avec les pays de l’UE-comme ceux de la France et de l’Italie- arrivent à échéance entre 2018 et 2019.

Des craintes d’ailleurs confirmées par le PDG de Sonatrach Ould Kaddour qui a reconnu les difficultés de l’Algérie pour satisfaire la demande de ses clients en exportations de gaz. Un scénario manifestement anticipé par l’actuel PDG de la Sonatrach qui cherche une nouvelle approche commerciale avec ses partenaires étrangers.

Le groupe cherche à mettre en place des joint-ventures avec des compagnies de commercialisation dans le but de vendre son gaz, dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’exportation.

Dans son intervention à la conférence «Oil and Money», Ould Kaddour a indiqué que les nouveaux accords avec les entreprises «ne seront pas indexés sur les prix du pétrole et ne porteront pas sur le long terme».

Claudio Descalzi, le P-DG d’ENI a indiqué devant l’Assemblée générale des actionnaires à Rome, qu’il «souhaitait poursuivre les contrats» à l’export avec l’Algérie qui arrivent à échéance en 2019. Le PDG du groupe Italien ENI, Claude Descalzi, a estimé dernièrement à Oran, que les potentialités de l’Algérie en matière de production de gaz étaient «prometteuses». «L’Algérie dispose d’un important potentiel gazier. Elle a un avenir prometteur en la matière», a déclaré Claude Descalzi, à l’issue d’une cérémonie de signature de trois accords de partenariat et d’investissement avec le groupe Sonatrach.

Le responsable d’ENI a indiqué que son groupe compte accroître le volume de ses investissements en Algérie, en partenariat avec la Sonatrach : «Nous sommes engagés à aller vers de multiples opérations de partenariat et d’investissement avec la Sonatrach, notamment dans l’exploration du gaz et du pétrole dans les couches profondes», a ajouté M. Descalzi, ajoutant que son groupe fournira un apport technologique pour mieux explorer ce potentiel.