Xavier Driencourt
Xavier Driencourt, Ambassadeur de France en Algérie

L’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, a estimé, samedi, à l’occasion de fête nationale une année fructueuse pour les relations entre l’Algérie et la France qui entretient « une relation exceptionnelle » .

« Nous ne sommes ni à l’heure du bilan, ni à celle de l’évaluation, mais je veux rappeler ici combien nous avons vécu une année riche pour les relations algéro-françaises. Elle a été marquée par la visite en décembre du Président de la République, Emmanuel Macron, qui y a délivré un message fort. Nous pouvons, je crois, nous réjouir que la génération à laquelle il appartient s’affirme pour donner un nouveau souffle aux relations entre nos deux pays », a déclaré l’ambassadeur lors d’une réception organisée à cette occasion à Alger.

Le Président de la République avait confié « ne pas être otage du passé ». Sa génération et celles qui suivent, en France, sont légitimes pour s’estimer libérées. C’est même, peut-être, leur devoir historique. Car s’il n’est jamais question d’oublier notre passé commun, à la fois passionnel et tumultueux, l’heure est peut-être venue de faire de notre histoire partagée une force, estime Xavier Driencourt.

Pour le diplomate, cette belle « amitié de demain », émerge aujourd’hui, « Notre labeur quotidien, est de la faire grandir en portant des projets concrets », a t’il expliqué, argument à l’appui, « en ouvrant, par exemple, une école française à Annaba, et de nouvelles classes dans celle d’Oran. En ouvrant des Espaces France en liaison avec les universités algériennes dans d’autres villes. Pas à pas, nous voulons contribuer à ce que nos cultures et nos langues dialoguent toujours davantage, pour qu’Algériens et Français, en particulier les jeunes générations, apprennent ou réapprennent à parler ensemble, et qu’ils ont tant à partager ». Ce même « dialogue » doit être entretenu « dans tous les domaines », a t-il préconisé.

Un passé commun algéro-français riche

S’agissant de la coopération économique entre les deux pays, l’ambassadeur  a évoqué l’installation de l’usine Peugeot près d’Oran. Il a également cité d’autres projets notamment culturels et sportifs, telle que  la question « d’y recréer une épreuve du Paris- Dakar ». a ce propos dira Driencourt, qu’il « s’agit mais avant tout d’exprimer une espérance et un enthousiasme que cette année fut riche et intense», a t-il fait remarquer.

Par la même occasion, l’ambassadeur, à tenu à rappeler quelques faits historique phares en rapport avec la richesse du passé commun algéro-français. « En 2018, comment ne pas penser immédiatement à 1918, année de la paix retrouvée en Europe, et à ces 14 régiments de tirailleurs et de zouaves algériens qui vinrent combattre en Europe. Ils laissèrent sur les champs de bataille près de 30 000 hommes, morts pour la France. Cela, nous ne pouvons et ne devons l’oublier ».

 2018, c’est également le cent- cinquantenaire de la fondation, en 1868, de la mission des Pères Blancs par Monseigneur Lavigerie, alors archevêque d’Alger. « Je crois que cela fut un des beaux moments de l’histoire française en Algérie, car il portait une idée de dialogue entre les cultures : des prêtres catholiques, qui parlaient arabe, portaient la gandoura et le burnous, venant tenir des dispensaires et des écoles. Ils appartiennent à l’histoire de l’Algérie et aujourd’hui encore, nombreux en Afrique, et de 35 nationalités différentes, ils font pour le développement, le dialogue et l’œcuménisme ».

« Zidane, un  symbole que l’Algérie et la France peuvent rêver ensemble »

A quelques heures de la finale de Coupe du monde de football, l’ambassadeur  a évoqué la victoire de l’équipe de France lors deu mondial de 1998, notamment les deux buts de Zineddine Zidane.  « Zidane, idole commune à l’Algérie et à la France, est le symbole que nos deux pays peuvent encore rêver ensemble et produire des destins qui rassemblent. Et, puisque l’histoire se répète, nous aurons demain notre finale, vingt ans plus tard, et nous aurons demain notre idole commune, ce jeune Kylian M’Bappé, qui, au-delà de rassembler par son talent, rassemble par ses origines française, camerounaise et algérienne ! », a t-il dit et de noter, « rassembler, voilà donc notre tâche, rassembler toujours. Nous sommes les deux rives de la Méditerranée, et tel est notre devoir ».

Car pour lui, « cette mer, dont nous sommes tous les enfants, elle est notre patrimoine commun, notre espace de dialogue », a t-il encore ajouté.

L’ambassadeur estime que « La relation entre la France et l’Algérie, elle est à nulle autre pareille, car elle dépasse les questions d’intérêts particuliers, elle dépasse même les tensions historiques. C’est une relation indéfectible, exceptionnelle ».

« Nous sommes de la même maison ; sur cette Méditerranée, nous sommes du même bateau. Alors soyons en dignes, et donnons-lui du souffle pour qu’il continue d’avancer », conclut Xavier Driencourt.