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Abdelhak Lamiri, expert et consultant international en économie : « Les réserves vont continuer à baisser tant que les importations ne baissent pas drastiquement »

Inès M Le


Abdelhak Lamiri, expert en économie

L’Express-DZ : En dépit de la reprise du cours du pétrole, l'Algérie continue de piocher dans ses réserves. Elles devraient baisser de près de 13 mrds $ en 2018, pour atteindre 85 mrds $. Quel commentaire faites-vous à ce sujet?

MLamiri : Les réserves vont continuer à baisser tant que les importations ne baissent pas drastiquement. Certes, on aura plus de ressources cette année mais ce n'est pas suffisant. Les années passées la baisse des réserves se situait à autour de 25 milliards par an. Il y a une légère amélioration dans le contrôle de la balance des paiements mais trop insuffisante. Je pense que la baisse réelle sera autour de 8 milliards $. Mais les exportations tardent à s'améliorer significativement. L’économie demeure peu compétitive. Pour exporter il ne faut pas être simplement bon il faut être parmi les meilleurs. Pour le moment, on n'arrive pas à améliorer significativement notre compétitivité.

Pour ralentir la fuite de devises, la Banque d'Algérie va lever toute une série d'obstacles administratifs visant les particuliers. Elle va demander aux banques algériennes de ne plus obliger leurs clients à disposer d'un compte en dinars pour déposer des devises. Que pensez-vous d'une telle mesure?

Cette mesure est bonne. Elle va drainer une épargne en devise qui peut être utilisée pour le développement. Mais elle sera insuffisante. Les estimations varient de 4 à 6 milliards de dollars. Ce qui n'est pas rien. Mais il en faut beaucoup plus. Il faut saluer les pas dans la bonne direction. Cependant, il ne faut pas croire qu'on a ici la solution à nos problèmes.

Le déficit commercial de l'Algérie s'est chiffré à 1,718 milliard de dollars sur les cinq premiers mois de 2018, contre un déficit de 4,734 milliards de dollars durant la même période de 2017, soit un recul du déficit de 63,7%, a appris mercredi l'APS auprès des Douanes. Pourquoi ce recul à votre avis?

Le déficit s'est considérablement réduit à cause de l'amélioration des prix pétroliers et une réduction des importations. Les exportations ont évolué moins favorablement mais le facteur qui explique le plus cette réduction demeure la hausse des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux. Nous demeurons toujours très tributaire des hydrocarbures. La diversification économique tarde. Il nous faut rénover nos politiques économiques. Pour les réserves l'une des solutions à contempler concerne le flottement du dinar avec la subvention ciblée des produits de première nécessité. On améliore ainsi l'efficacité économique sans sacrifier notre politique sociale.


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