femme de l’actuel ministre de la Santé
Mokhtar Hasbellaoui, Ministre de la santé

Face à la grève observée par les médecins résidents qui dure depuis six mois et qui a impacté le fonctionnement de plusieurs établissements hospitaliers, le ministère de la santé passe à l’action. Il recrute 600 médecins généralistes qui seront affectés aux services des urgences des différents CHU du pays. Cette solution permettrait en fait de soulager les malades qui sont livrés à eux-mêmes dans la majorité des hôpitaux où il règne l’anarchie et un manque de prise en charge, notamment les cas urgents.

En effet, depuis quelques mois, à cause de la grève des résidents, plusieurs malades se plaignent de leur non prise en charge et du report de leurs rendez-vous, une situation qui met davantage de pression sur les maîtres-assistants, les spécialistes et les personnels contraints de faire le travail des résidents qui n’assurent plus les gardes et le service minimum.

Selon les professionnels, les médecins résidents ont « pris le malade en otage », craignant que la situation s’aggrave surtout durant le mois de Ramadhan où les urgences sont souvent dépassés par l’afflux des malades. Ils déplorent surtout l’impasse dans laquelle se trouve le dialogue entre le ministère de la Santé et le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA).

Pourtant, le ministère de la santé a gardé les portes du dialogue ouvertes afin de désamorcer le conflit avec les médecins résidents qui perdurent dans le temps et qui ne semble pas se résoudre dans les prochains jours. Puisque il y a deux jours, les médecins résidents ont critiqué les solutions présentées par le ministère de la santé à leurs revendications.

Le secteur de la santé vit donc un malaise sans précédent. Les grèves cycliques et illimitées des intervenants ont plongé les structures dans une tension qui ne baisse pas. Le recours donc au recrutement des généralistes reste pour l’instant la solution prioritaire pour baisser cette tension.

Certains syndicats du secteur comme le Snpsp voient en cette solution comme du replâtrage qui ne peut résoudre le problème.  « Le ministère, au lieu de régler les problèmes des médecins résidents est en train de réquisitionner les médecins généralistes dans les hôpitaux pour remplacer les grévistes. Ce sont généralement des médecins qui n’ont pas d’expérience. Ils n’ont pas la compétence requise. Les malades payent les erreurs des uns et des autres à travers cette situation », nous a déclaré Lyes M’Rabet, président du Snpsp, lors de l’entretien qui nous a accordé dernièrement.

Mais pour les malades et les responsables des hôpitaux, cette solution pourrait atténuer la pression vécue depuis quelques mois dans plusieurs services en particulier celui des urgences.