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L’Algérie face à sa « fracture numérique »

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L’Algérie a convié ce dimanche les experts de la banque mondiale et du fonds monétaire arabe au centre international des conférences (CIC), pour débattre de « l’économie numérique » mais surtout faire des propositions concrètes pour pouvoir créer de la croissance et du coup créer des emplois.

Il faut savoir qu’en termes de technologies et d’innovation,  dans le classement mondial, une dizaine de pays africains devancent l’Algérie. Il s’agit de l’île Maurice (49e), l’Afrique du Sud (65e), les Seychelles (74e), le Maroc (78e), le Rwanda  (80e),  la Tunisie (81e), le Cap-Vert  (85e), le Kenya (86e),  l’Egypte (96e), la Namibie (99e) et le Botswana (101e), Ghana (102e), Côte d’Ivoire (106e), le Sénégal (107e), la Gambie (113e), le Lesotho (115e) et la Zambie (116e). Dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), c’est l’Algérie et la Mauritanie (136e) qui occupent la fin du tableau.

Pourtant l’Algérie a investi massivement dans les technologies de l’information et de la communication. En effet le gouvernement a investi plus de 8 milliards de dollars dans le secteur ces 15 dernières années. Tout comme de nombreuses institutions financières (banques notamment) et administrations ont bénéficié grandement de financements publics pour moderniser leurs services.

D’importants efforts, en effet, ont été consentis par l’état dans la perspective de basculer vers une économie numérique pour enclencher la croissance mais également assurer la transparence et la traçabilité des transactions, comme cela est de mise dans les pays développés ou en voie de développement.

Dans leur recherche constante de compétitivité et d’avantages concurrentiels, les entreprises industrielles ont été amenées,  partout dans le monde, à rationaliser, optimiser et automatiser leurs processus en utilisant comme levier d’innovation les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour plus de productivité et plus de rentabilité.

Une étude du CREAD (Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement) a démontré que les PME Algériennes (véritable moteur de croissance) n’atteignent pas le taux de 30 à 40 % d’utilisation des TIC (leur bureautique comprise) alors qu’il est irréversiblement établi que la production et la maintenance assistée par ordinateur permet d’assurer la continuité avec la CAO/MAO en respectant strictement un processus qualité qui minimise les malfaçons, les rebuts, les pertes de temps et les réclamations des clients.

En Algérie, le taux de pénétration d’internet a connu un boum ahurissant, en se basant sur les chiffres fournis par les opérateurs de téléphonie mobile, la stratégie adoptée est de maximiser le nombre d’algériens connectés. Mais qu’en est-il de la manière avec laquelle on utilise internet? Qui a essayé d’éduquer ces abonnés?

C’est justement là où réside la véritable problématique. Des dizaines de millions d’Algériens sont connectés quotidiennement mais n’en tirent en réalité aucun profit.

Mais la question relève plutôt de la sociologie et les experts de la banque mondiale conviés à la conférence placée sous le thème  « les jeunes, la technologie et la finance »  trouveront certainement des difficultés pour répondre à cette problématique.

Car en plus de cette problématique, il existe en Algérie une sorte de « résistance » à tout ce qui peut apporter de la transparence dans la sphère économique, gangrené jusqu’à la moelle par l’informel, qui tire justement sa force par l’absence de clarté et de traçabilité.