arrêts maladie
La CNAS encore une fois dans la tourmente

A quoi sert la caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) ? Légalement, son rôle fondamental est de gérer les prestations des assurances sociales. En théorie la CNAS est un organisme crée pour être au service des assurés conformément à la réglementation.

Mais certains  assurés sociaux affiliés à la CNAS, vivent un véritable supplice. Ils se plaignent régulièrement  du blocage de leur carte chifa et sont actuellement, dans une situation telle qu’ils ne peuvent se faire délivrer des médicaments, sans que les services de cet organisme ne fassent d’efforts pour régler le problème. C’est le cas de centaines de  personnes, y compris, le directeur du site en ligne « l’express DZ », qui, depuis plus de six mois fait face à cette situation, qui le pénalise surtout dans le remboursement des médicaments de ses enfants, l’un d’eux étant un malade chronique. Pourtant, les cotisations sont versées régulièrement, affirme-t-il.

Depuis, plus de six mois donc, il n’a cessé de contacter la CNAS pour connaitre les raisons de ce blocage, mais en vain.  « La CNAS fait du chantage aux assurés en leur demandant d’aller régler le problème eux mêmes alors que se sont eux qui sont à l’origine du problème », dira le directeur du site qui affirme que deux employeurs et pas seulement un, paient chaque mois ses cotisations.

« Les agents et les responsables exerçant dans certaines agences, à l’image de celle de Didouche Mourad à Alger sont un exemple vivant de cette machine bureaucratique qui rend la vie des citoyens infernale » dira le directeur de publication de l’express DZ qui compte déposer une plainte auprès des juridictions compétentes contre la CNAS.

Combien sont-ils exactement dans la même situation ? Personne n’est en mesure de le dire. Mais, en dépit de la « numérisation » présumée apporter du répit aux citoyens, force est de constater que les agences sont toujours bondées de monde. Les citoyens continuent  de faire la queue devant les guichets en face d’agents et de responsables qui n’arrivent pas à se débarrasser des anciens réflexes alors que le gouvernement tente depuis des années de « débureaucratiser » l’administration. Le cas de la CNAS est réellement symptomatique de cette administration Algérienne qui se sert et qui ne sert plus le citoyen même si ce dernier est dans son plein droit. S’il existait des concurrents dans ce secteur, la CNAS aurait disparu depuis longtemps.

Contacter par nos soins, la chargée de communication de la CNAS nous demande de lui envoyer les numéros des assurés afin de vérifier où se situe le blocage. Mais selon le directeur du site Expresse-Dz, pour ne citer que cas là,  il a envoyé plus d’une dizaine de fois son numéro, mais aucune réaction de la part de la CNAS.  Le cas du directeur du site n’est qu’un exemple parmi d’autres assurés qui ne savent plus à quel saint se vouer.

D’ailleurs, récemment, certaines informations rapportées par la presse indiquent que des centaines d’assurés sociaux affilés à la CNAS de Mila ont été désagréablement surpris par le blocage de leur carte Chifa. Sans même prévenir ses clients, la CNAS de Mila a procédé, au blocage des cartes chifa des assurés débiteurs vis-à-vis de la caisse. Les assurés reprochent surtout  à la CNAS de ne pas les avoir avertis pour qu’ils puissent régulariser leur situation avant le gel de leur carte.

En fait la CNAS, même si l’erreur vient d’elle, ce qui est le cas la plupart du temps, ne cherche pas à comprendre. A la moindre anomalie, un agent zélé désactive la carte Chifa et c’est le début des déboires de l’assuré qui est contraint de courir dans tous les sens alors que c’est lui la victime.

Interrogé sur cette question, le président de l’association de protection des consommateurs (APOCE), Mustapha Zebdi affirme que son association reçoit des plaintes surtout pour ce qui est du remboursement des médicaments. « Il y a maintenant deux à trois ans que nous assistons à chaque fois à une restriction de la liste des médicaments de la sécurité sociale. Et ça devient intolérable »nous a-t-il déclaré avant de poursuivre «  le grand problème se situe également dans le remboursement des tarifs de soins ».

Dans un communiqué publié par l’APOCE, il est indiqué que la protection sociale est essentielle au développement, à la préservation des ressources humaines et aux valeurs de solidarité et de synergie entre les différents groupes et générations, à l’amélioration des conditions de vie des individus et des familles, à l’amélioration de la stabilité et de la cohésion sociale, et les objectifs de la protection sociale peuvent se résumer. Pour cette association, le droit à la sécurité sociale est l’un des droits économiques et sociaux énoncés dans une série de chartes et instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, qui sont tout aussi importants que les droits civils et politiques, et peut-être l’article 22 de la déclaration universelle des droits de l’homme : Une personne en tant que membre de la société a droit à la sécurité sociale.