production locale de lait

Dans cet entretien, le président de l’ association nationale des commerçants et artisans (ANCA) , Tahar Boulenouar réagit aux problèmes de la pénurie du lait en sachet qui persiste et qui voit son prix doubler dans certaines localités. Il soulève trois raisons, la faible production des transformateurs, l’attitude des consommateurs, et l’absence d’une politique nationale de développement de la production locale de lait.

Expresse-Dz : Les consommateurs continuent de souffrir pour avoir leur sachet de lait. Ils doivent faire face quotidiennement à des files interminables pour s’en procurer. Le problème aussi c’est que le sachet de lait est proposé contre le prix de 50 dinars alors que son prix initial ne dépasse pas 25 dinars. Quel commentaire faites-vous dans ce sens ?

MBoulenouar : nous savons bien qu’il est formellement interdit d’augmenter les prix des produits alimentaires subventionnés ou plafonnés. Il est aussi inacceptable que le prix du sachet de lait augmente et à double prix ! Mais il faut chercher comment nous sommes arrivés à une telle situation. Il y a plusieurs raisons. D’abord il faut savoir qu’il y a des revendeurs qui font la loi sur le marché. Des commerçants vendent le sachet à 25 Da et des revendeurs profitent des pénuries récurrentes du lait en sachet qui se répètent ces dernières années, pour augmenter les prix. Ensuite on note le problème chez les transformateurs. L’ANCA a toujours dénoncé le fait que les transformateurs ne produisent pas les quantités suffisantes pour alimenter le marché et satisfaire les besoins des consommateurs. Leur argument est souvent lié au manque de la poudre de lait alors que l’ONIL affirme qu’il assure les quantités de poudre de lait suffisante pour satisfaire les besoins. D’où la question de savoir si cette matière première n’est pas détournée pour d’autres produits comme le yaourt ou le fromage. Et là c’est la responsabilité du ministère du commerce et de l’ONIL de faire des contrôles rigoureux au niveau des transformateurs.

Enfin, il y a aussi l’attitude des consommateurs. Si chaque citoyen se permet à acheter 10 sachets de laits, pour qu’un autre citoyen ne trouve pas, ce n’est pas juste. Il faut que les consommateurs changent un peu leurs habitudes dans leurs achats.

Vous qui représentez les commerçants et qui êtes proches d’eux, quelles solutions pourraient se présenter pour atténuer ce problème ?

Je vous parle d’une solution qui pourrait être un peu bizzar mais qui peu marcher, c’est de demander aux commerçants de limiter le nombre de sachets en lait à vendre, c’est-à-dire vendre 2 sachets pour chaque client. Nous lançons également un appel aux transformateurs d’augmenter la production. Nous lançons également un autre appel aux pouvoirs publics de revoir la politique de la production nationale en lait, afin d’arriver à l’autosuffisance. Il n’est pas logique de dépenser des sommes faramineuses pour importer la poudre de lait, alors qu’il est possible de développer la production locale.

Le même problème s’est posé dernièrement pour le prix du pain qui a augmenté à 15 Da la baguette dans certaines régions. Le ministre du Commerce s’est engagé par la suite de réviser la marge bénéficiaire des boulangers. L’ANCA a également réagit dans ce sens, qu’en est-il de ce phénomène ?

L’ANCA a tout de suite réagit à cette situation estimant qu’il est illégal d’augmenter le prix de la baguette de pain, car aucune décision n’a été prise que ce soit par le Gouvernement ou par les représentants des boulangers. C’est pour cela que nous avons appelé encore une fois les autorités à mettre en place une commission regroupant les représentants des ministères du Commerce, des Finances et les représentants des minoteries, ceux des boulangers et ceux des consommateurs pour déterminer le coût réel de la baguette du pain pour pouvoir ensuite déterminer son prix de vente.