Alger | 22 Février 2018

Sit in et tentatives de marche à Alger: Les médecins résidents bloqués à la Grande- Poste

Fella Midjek Le


Les médecins résidents rassemblés sont empêchés de marcher de l’hôpital Mustapha Bacha vers l‘Assemblée populaire nationale (APN) ce lundi. Les policiers les ont bloqués à la Grande- Poste pour une majorité alors qu’un groupe a réussi à arriver à proximité du siège de la wilaya d’Alger.

Les médecins résidents manifestent pour exprimer leur refus d’adopter le projet de loi de la Santé notamment sur sa partie concernant le service civil, explique Docteur Mohamed Taileb, porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) lors de la marche sur l’avenue Asselah Hocine qui a démarré du siège de la wilaya pour revenir vers la Grande-Poste rejoindre leurs confrères. Le mis en cause est l’article 206 du projet de loi qui n’est que la copie conforme à l’ancien texte.  Le service civil est toujours remis en cause en dépit des promesses de la tutelle.

Ces derniers sont bloqués au niveau des marches de la Grande-Poste par un cordon de policiers anti-émeutes et d’autres en civil. Avant de réussir à les rassembler dans cet endroit,  les médecins résidents ont été séparés en plusieurs groupes pour mieux les cernés et les empêcher ainsi d’avancer. Le plus important groupe, composé en majorité d’hommes, était bloqué  en face la Grande-Poste tandis que l’autre, composé que des femmes, était cerné par les policières à proximité de la grande bâtisse.

Les policiers anti-émeutes ont eu recours au corps à corps pour empêcher les médecins résidents d’avancer. Leurs collègues assuraient le cordon sans aucun acte répressif. Parmi le premier groupe à majorité masculine, certains médecins qui tentaient de rejoindre le boulevard Benboulaid, ont été secoués par les forces de l’ordre et pour certains embarqués pour calmer les esprits qui chauffaient au sein des manifestants. Ce qui a redoublé la détermination des médecins résidents à rejoindre leurs collègues. Les policiers avaient réussi à les empêcher. Ceux, qui ont réussi à rejoindre le groupe à l’avenue Asselah Hocine, ont fait que les dirigeants de ce mouvement décide de rejoindre leurs collègues à la Grande-Poste alors qu’ils devaient rejoindre l’hôpital Mustapha Bacha.  Des médecins résidents nous confient : « L’essentiel, nous avons réussi à faire entendre notre voix ! »

Finalement, les policiers ont fini par mettre en place un cordon de sécurité autour des manifestants sans les brusquer ni les bousculer. Cependant, des canons à eau étaient stationnés au début de la rue Mustapha Benboulaid en prévision d’un dérapage des médecins résidents. Ces derniers ont scandé leurs slogans habituels sans user de force ni violence. Ils hurlaient ! « Dites aux citoyens qu’on n’a pas les moyens », « SOS résidents en détresse »,  « y en a marre ça suffit », « ma ranach khayfin » (Nous n’avons pas peur) et des chants patriotiques accompagnés de youyou et des sifflets.

Certains d’entre-eux ont subi des fouilles au moment de rejoindre la manifestation. Des policiers en tenues empêchaient les citoyens de se diriger vers le lieu de la manifestation.

Au départ de la manifestation, les journalistes et photographes ont été empêchés de filmer avec des portables et même avec des appareils photos. Des policiers en civil, qui ne se présentaient pas,  rappelaient à l’ordre les journalistes dont l’une d’elle a vu son portable confisqué par un officier. Certains policiers demandaient même des « autorisations » aux journalistes alors que la carte de presse fait foi.  L’objectif est d’empêché les vidéos d’atterrir sur les réseaux sociaux. Après cet incident avec les représentants des médias, les policiers ont retrouvé leur discipline permettant aux journalistes de faire leur travail et d’exercer enfin leur droit à la liberté de presse  et leur devoir d’informer.

A cet instant, le sit in des médecins résidents est toujours en cours…


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