Alger | 23 Avril 2018

alliance assuarance

Crise économique : Benflis accable le gouvernement Ouyahia

Meriem Rayane Le


Ali Benflis Président du Parti Talaie El Hourriyet

« Le gouvernement n’a pas de véritable stratégie pour faire face à la crise économique et sociale », indique le Parti Talaie El Hourriyet, présidé par Ali Benflis, dans un communiqué rendu public ce samedi.

Il accuse le Gouvernement d’Ahmed Ouyahia, Premier ministre, de « changement de cap (…) sans revenir devant les chambres du Parlement » qui « est en soi une atteinte au peu de crédit dont bénéficie l’institution parlementaire et accrédite le qualificatif de chambres d’enregistrement qui colle à cette institution ». Pour le parti de Mr Benflis, l’actuel exécutif « manque d’anticipation ». Selon le parti Talaie El Hourriyet,  le gouvernement prend des décisions avec « légèreté ». « L’incohérence et les tergiversations du gouvernement, qui revient fréquemment sur ses décisions, mettent en doute la crédibilité de sa démarche par le « gel du projet de loi sur la poste et les télécommunications, abandon du système des licences d’importation, gel de la liste des entreprises retenues pour le montage automobile et report de la mise en œuvre des directives du Premier ministre y afférentes.  Ce parti regrette « le grand retard accusé dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie qui consacre réellement l’économie numérique ». Quatre démarches du gouvernement illustrent cette gouvernance, selon le Parti Talaie el Hourriyet : Le Partenariat Public Privé (PPP), le renoncement au système des licences d’importation, la suspension de l’importation de 851 produits en 2018, le montage de véhicules automobiles hissé au rang de stratégie.

Les craintes du parti de Benflis sur le Partenariat public-privé

Sur le PPP, après examen du projet qui «permet l’ouverture du capital des PME publiques au capital privé », le Bureau politique relève que « la responsabilité politique aurait voulu que s’engage un débat au Parlement avant le lancement de ce programme ». La Charte signée lors de ladite tripartite du 23 Novembre 2017 « n’a aucune valeur juridique, et ses signataires n’ont pas la légitimité nécessaire pour une telle décision », ajoute ce parti dans son communiqué. Pour le parti De Benflis, « les conditions minimales requises pour la mise en œuvre de cet instrument ne sont pas réunies »,  savoir, l’ « absence de transparence, absence de règles de bonne gouvernance, d'Etat de droit, de crédibilité des institutions et des dirigeants politiques ». Il craint que « le PPP tel qu’annoncé, n’ouvre la voie à toutes les dérives  notamment le détournement de cet « instrument » au profit de milieux d’affaires proches du pouvoir ». Le recours à la procédure de gré à gré, pour ouvrir les capitaux des entreprises publiques, « risque  de se transformer en positions de rente, une manière pour le régime en place en quête de soutien et d’allégeance, à l’approche de l’échéance électorale présidentielle, de permettre à ses clientèles d’accéder par ce biais à l’appropriation d’actifs et d’éléments du patrimoine appartenant à la collectivité nationale, notamment les actifs fonciers que les entreprises nationales peuvent encore offrir, et de donner ainsi une couverture légale de ce qui serait l’accaparement du patrimoine public par le privé ». L’autre crainte est la « privatisation des entreprises stratégiques, tant souhaitée par un certain patronat », souligne-t-on sans le citer. Enfin, cette « privatisation des entreprises publiques ne se fasse au détriment des intérêts des travailleurs et de leurs familles», craint le parti de Benflis.

Le Gouvernement signe son « échec » à réduire la facture d’importation

S’agissant du renoncement au système des licences d’importation, le Parti Talaie el Hourriyet qualifie celui-ci d’ « échec de la stratégie de réduction du déficit budgétaire par la réduction de la facture des importations par voie de restrictions administratives bureaucratiques». Pour la suspension de l’importation de 851 produits en 2018, ce parti « doute de l’efficacité de ce nouveau  dispositif d'encadrement du commerce extérieur qui part de l’hypothèse erronée que la production nationale est en mesure de couvrir la demande pour les produits concernés, et risque tout à la fois de générer des pénuries y compris d’intrants pour la production nationale, de favoriser la contrebande et le marché parallèle avec l’impact négatif sur la valeur du dinar et les prix à la consommation, de provoquer des fermetures d’entreprises du secteur commercial et d’accroitre le chômage ».

Djezzy millinium

Montage automobiles : Un choix fruit du lobbying

Le Parti Talaie el Hourriyet « s’étonne que le gouvernement ait fait le choix d’une “industrie” qui tient plus de l’importation que de la fabrication comme un axe important de la stratégie industrielle ». Il « relève le manque de transparence dans la sélection des opérateurs habilité à opérer dans ce secteur, qui laisse supposer un choix politique pour faire bénéficier des clientèles du pouvoir en place d’une  rente protégée en leur permettant de se livrer au montage automobile, sans concurrence et sans l’obligation d’exporter ». Cette sélection pourrait être « en fait le résultat d’un lobbying mené par ceux qui disposent de relais puissants au sein des cercles du pouvoir », craint le parti de Benflis. Le gel de la liste des constructeurs retenus une semaine après sa publication et la décision de réexaminer et d’étudier les dossiers écartés montre la légèreté avec laquelle la décision a été prise et le rôle des lobbies derrière toutes les décisions importantes du Gouvernement ».


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